Nos amis nous ont quittés le samedi 8 février. Des vacances bien plus reposantes que les 19 jours de transatlantique que nous avions faits avec eux. La vie reprend son cours : les enfants doivent avancer avec l’école et rattraper un peu le retard accumulé dans les matières où ils ont le plus de facilité.

Pendant que les crayons et les stylos chauffent sur les feuilles, les parents, eux, en profitent pour faire les mises à jour du bateau. Lessives, entretiens, changement des filtres : tout y passe. Nous voulons continuer d’explorer et, cette fois, direction les BVI (Îles Vierges britanniques) pour en profiter avant d’avoir une fenêtre météo nous permettant de nous rendre directement en République dominicaine, sans passer par Porto Rico ni par les îles Vierges des États-Unis. Notre destination finale pour cette saison : les Bahamas.

Pourquoi ce choix de sauter ces deux îles ? Tout simplement parce qu’il nous faut un ESTA valide pour y accéder et que nous n’avons pas fait les démarches. Bien trop compliquées, trop chères pour le peu de temps que nous souhaitions y rester. Nous ferons donc une grande navigation d’un peu plus de deux jours pour y arriver. Mais, pour le moment, nous devons refaire le plein du bateau et effectuer les nettoyages nécessaires afin de partir sereinement.

En route pour les BVIs !

Nous sommes le 17 février. Nous levons l’ancre pour nous rendre aux BVI. Une traversée qui devrait être sympa puisque nous aurons avec nous le vent et la houle. La nature va nous donner un coup de pouce pour arriver le plus vite possible. La terre est en vue. Le passage pour accéder au mouillage sera délicat, le radar sera notre meilleur allié. Romain l’allume et, en quelques secondes, il tombe en panne. Plus rien, au moment même où nous entamons notre passage entre les rochers. Romain zoome au maximum sur la carte et les quelques minutes que dure ce passage n’auront jamais été aussi tendues.

Sentiment frustrant que de naviguer à vue alors que l'on à l'habitude du radar

L’ancre est lâchée. Épuisés. Nous nous occuperons de cette histoire de radar demain. Peut-être une mise à jour ratée, ou simplement un petit caprice de sa part. Nous verrons bien.

Nous sommes le 18 février. Rien ne fait redémarrer le radar. Première panne de l’année. Romain appelle le fournisseur à Saint-Martin pour faire jouer la garantie. Nous devons attendre quinze jours pour en avoir un nouveau. Nous pouvons vivre provisoirement sans radar et réorganisons notre départ pour les Bahamas dans trois semaines. Il faudra revenir à Saint-Martin, puis retourner aux BVI pour continuer notre route. En attendant, on profite : plongée, nage, école, soleil. Les BVI sont tranquilles, avec un petit goût de Grèce qui nous manque tant.

Nous sommes le 21 février. Le soleil tape bien, alors on décide de faire de l’eau. Le dessalinisateur tourne et, d’un coup, plus rien. Romain s’enferme dans la baille moteur pour trouver la panne. Encore une… nous avons la poisse. Il ressort avec la pompe dans les mains : elle vient de rendre l’âme. De petits morceaux de métal sortent de l’ouverture. On a peur des dégâts éventuels dans le reste du dessalinisateur.

Il est un peu plus de 13 h. Romain appelle tous les fournisseurs de l’île pour trouver une pompe rapidement. Finalement, une seule est encore disponible, mais il nous faudrait plus de quatre heures de navigation pour l’atteindre : bien trop tard, le magasin sera fermé. Une solution est trouvée à la dernière minute.

Nous levons l’ancre et nous nous dirigeons vers l’île principale des BVI, Road Town, et plus précisément vers la station-service du port où nous allons récupérer notre pompe. Pas de place au mouillage. Romain descend en annexe tandis que je reste en stand-by. Le courant nous pousse vers les rochers, il se dépêche. En attendant de le voir revenir avec la pièce, je fais des huit avec le bateau. C’est un exercice que nous avons fait des dizaines de fois en Méditerranée. Je vois Romain revenir, je lui présente l’arrière du bateau pour qu’il puisse s’accrocher rapidement. Ethan surveille la distance entre nous et les rochers. L’annexe est remontée, tout le monde est à bord. Direction un autre mouillage pour installer cette nouvelle pompe, en espérant que l’ancienne n’aura pas fait de dégâts aux membranes.

Nous sommes au mouillage. Romain compare les deux pompes : elles sont bien identiques. Impossible de la remettre en place ce soir, il faudra attendre demain. En attendant, le stress redescend un peu.

La pompe est installée. Le dessalinisateur fonctionne, nous faisons de l’eau potable. Dans quelques jours, nous allons devoir retourner à Saint-Martin pour le radar. En attendant, on profite de quelques jours de tranquillité.

Nous sommes le 28 février. Notre départ pour Saint-Martin s’annonce. Nous disons au revoir aux familles présentes aux mouillages, une dernière soirée avec notre famille « coup de cœur », qui a décidé de redescendre pour passer Panama cette année. Un déchirement pour nous de les voir partir.

Bye Bye BVI