Juin... une saison cyclonique au Marin.
Nous avons pris notre place pour la saison cyclonique. La manœuvre n’a pas été simple : le vent et le courant ne nous ont pas aidés. Mais nous y sommes. Amarrés, l’électricité et l’eau branchées. Le compte à rebours commence : J-18.
Du 2 au 8 juin
Nettoyage de tous les coussins extérieurs, des poufs, des toiles d’ombrage. L’extérieur est un vrai chantier ; on ne dirait pas qu’une famille vit là-dedans. Nous avons condamné la première cabine et testé les sacs sous vide pour les matelas. Impeccable : rien ne bouge, même si deux sacs prennent énormément de place une fois utilisés.
Nous avons dû acheter un aspirateur, le nôtre ayant rendu l’âme (paix à lui, cinq années de bons et loyaux services). Le nouveau doit encore faire ses preuves. De nombreux sacs sous vide l’attendent.
Les vêtements ont été triés. Les enfants ont beaucoup trop grandi, trop vite. Les habits devenus trop petits seront donnés à des associations ; les plus abîmés serviront de chiffons ou finiront à la poubelle.
Du 9 au 15 juin
Encore du nettoyage… on n’en voit pas le bout. La machine à laver tourne à plein régime. Stephen fait la fusée entre le bateau et la laverie pour que tout sèche à temps. Les valises ont désormais leurs places attitrées dans le salon extérieur. On les remplit au fur et à mesure avec ce que l’on souhaite ramener.
La météo n’aide pas : de la pluie presque toute la semaine. Sécher au maximum le bateau pour éviter la moisissure va être un vrai défi. On croise les doigts pour que les prévisions se trompent.
Pendant ce temps, Romain dépose les sacs et les objets volumineux que nous avons choisi de mettre en gardiennage. Les voiles sont chez le voilier, l’annexe est également au dépôt. Un dernier coup d’œil pour vérifier que nous n’avons rien oublié à emporter. Une chose de faite. Maintenant, on termine le nettoyage.
J-3
Encore des allers-retours pour Stephen à la laverie ; il va avoir des cuisses d’enfer. Plus nous approchons de la date du vol, plus le bateau se vide. Les frigos sont propres et éteints, tout ce qui n’est pas indispensable l’est aussi.
Avec Romain, nous avons décidé de garder un minimum de vivres et un bateau opérationnel, au cas où un départ « en urgence » serait nécessaire en cas de cyclone sur l’île. Le dessalinisateur est enfin hiverné.
J-2
J’ai vraiment l’impression que, la nuit, des lutins viennent remettre du désordre dans mes affaires. Une partie des sacs est déjà dans le coffre de la voiture — je ne vous dis pas combien, ce sera la surprise.
Nous nous organisons pour demain : l’entreprise qui veillera sur notre bateau vient faire un dernier point avec nous. On continue. Les enfants en ont marre des allers-retours sous la pluie, moi aussi j’aimerais un peu de soleil pour faciliter le nettoyage. Heureusement que nous avions prémâché le travail au mouillage, au mois de mai.
J-1
Il ne reste plus qu’à mettre les deux dernières cabines sous vide. Nous y sommes presque, même si nous sommes tous très fatigués. Et dire qu’une fois terminé ici, il faudra recommencer de l’autre côté… j’en pleure déjà.
Jour du départ
En regardant notre bateau rangé ainsi, on se retrouve cinq ans en arrière, lorsque nous en avions pris possession aux Sables-d’Olonne. Un petit pincement au cœur à l’idée de l’abandonner aussi longtemps. Mais nous avons des obligations. Cette fois, nous n’avons pas le choix.
On se revoit dans un peu plus de trois mois.
Sois bien sage en mon absence, ma petite maison sur l’eau.